La CRYOTHERAPIE

lundi 06 février 2017

La Cryothérapie

La Cryothérapie est dans l’air du temps, mais les études ne suivent pas.
Article Sport et Vie, décembre 2016, extraits

Pour la récupération, on prône actuellement le froid, et même le glacial. La technique la plus classique consiste à plonger tout ou partie du corps dans l’eau glacée d’une piscine voire mieux dans une chambre froide pendant 2 à 3 minutes à -110C. Selon les adeptes de la cryothérapie, ce refroidissement brutal procurerait d’incomparables effets bénéfiques sur la santé. Il effacerait les petites douleurs résiduelles et raccourcirait le délai de récupération.
Nous savons tous que le froid présente des vertus thérapeutiques : par l’effet de constriction des vaisseaux, il limite les épanchements ; après un choc il attenue la douleur. Forte de tous ces bienfaits, la cryothérapie a bénéficié d’innovations technologiques.
Des chercheurs ont voulu vérifier le bien-fondé de la démarche en collectant tous les travaux sur le sujet. En général, les séances de refroidissement sont programmées après l’entrainement. Certains des sujets se dissent moins courbaturés 1, 2 et 4 jours après la séance. Ils éprouvent la sensation de mieux récupérer ; sauf pour le troisième jour, ce que personne n’arrive à comprendre. Les bains froids semblent aussi efficaces pour estomper la pénibilité des entrainements. La comparaison des protocoles a permis d’affirmer que les bains complets fonctionnent mieux qu’une immersion locale.
D’autres scientifiques ont fait des recherches sur les marqueurs de lactate ou les marqueurs de l’inflammation. L’exposition au froid n’affecte que très rarement ces marqueurs, pire, certaines études ont même montré que ces bains pouvaient augmenter la production de substances inflammatoires (interleukine) alors qu’ils s’attendaient à des résultats inverses.
L’intérêt de la cryothérapie fait débat !

Des scientifiques australiens ont décidé d’être pragmatiques et de ne s’intéresser qu’aux protocoles d’entrainements. Le docteur Llion Roberts, Université de Queensland, a observé que l’utilisation de la cryothérapie post effort pouvait limiter les dommages musculaires notamment dans des conditions de température extérieure élevée. Des études complémentaires ont aussi démontré que la cryothérapie n’est pas une solution dans les sports qui ne posent pas de problèmes de thermolyse comme le cyclisme sur piste. Ainsi, l’immersion dans l’eau froide semble n’être utile qu’après un effort épuisant dans la chaleur mais n’apporte rien dans la durée.

D’autres études ont même pu montrer que le froid pouvait freiner la prise de masse musculaire. Quand un muscle est sollicité, il souffre, certaines fibres cassent et une réaction du système inflammatoire se déclenche. Le muscle ensuite récupère et se régénère de façon stupéfiante et la succession de séquences sportives aboutit au renforcement de ce muscle. Des tests ont montré ainsi que des culturistes, qui, au lieu de faire une récupération classique de type active après l’effort ont privilégié une récupération de 10 minutes en eau froide, avaient un gain de masse musculaire freiné. Le froid inhibe la resynthèse des constituants cellulaires et bloque la fabrication des ARNs nécessaires à la synthèse des protéines nécessaires au développement du muscle. L’association d’un entrainement intensif avec un séance en eau froide serait dans ce cas un non sens !

L’ambition des inventeurs est donc à trouver une technique pour combiner les effets courts termes (enchainer les efforts) sans encourir les effets longs termes (bloquer le processus de renforcement musculaire) : ils ont encore du pain sur la planche !

En conclusion

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